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AGINTE 02 2011

Amiante et anxiété

AGINTES : Un nouveau procès de l'amiante aux prud'hommes
FEVRIER 2011
Nous allons assigner progressivement chaque entreprise incriminée. Nous voulons faire une jurisprudence nationale pour que les personnes qui ont travaillé en contact avec l'amiante quittent leur emploi décemment", a lancé hier, Daniel Huc, le président d'Adevimap Martigues (Association de défense des victimes de maladies professionnelles). À quelques jours du verdict de l'affaire Arkema-qui aura lieu le 24 février, le tribunal des prud'hommes de l'étang de Berre étudiait hier les dossiers de 12 ex-salariés de Naphtachimie Lavéra et de 13 anciens employés de la société Agintis située à Vitrolles.
Le procès de Naphtachimie ayant été renvoyé au 6 juin prochain, seule l'audience concernant Agintis, entreprise spécialisée dans la tuyauterie industrielle, a eu lieu. "Pendant des années, mes clients ont été fortement exposés à l'amiante, sans aucune protection. Leur espérance de vie s'en trouve inévitablement diminuée, a lancé l'avocate marseillaise, Julie Andreu, spécialiste de ce genre d'affaires. Malgré l'obligation de leur employeur, jamais ils n'ont été informés des risques. Ce n'est qu'à la suite de la médiatisation des dossiers de l'amiante, qu'ils ont pris conscience des risques qu'on leur a fait prendre."
Préjudice économique et d'anxiété
Les 13 plaignants, qui ont travaillé dans cette entreprise pendant des dizaines d'années, en tant que soudeurs et tuyauteurs, sont tous partis en préretraite en 2004-au moment du rachat de Situb par Agintis-dans le cadre de l'Acata, accord permettant une cessation d'activité anticipée en cas d'exposition à l'amiante. "Ils sont certes partis de l'entreprise, mais ils voient ainsi leur salaire amputé de 35%. Aujourd'hui, Agentis doit compléter leurs revenus. Ce n'est pas un privilège, c'est une reconnaissance des conditions de travail désastreuses." Outre le préjudice économique, Julie Andreu a demandé des dommages et intérêts pour cause de préjudice d'anxiété. "En manquant à ses obligations de sécurité, Agintis leur a fait courir des risques importants. Aujourd'hui, ces hommes vivent au quotidien avec une épée de Damoclès sur la tête. Ils doivent régulièrement subir des examens. Certains ne veulent même plus y aller de peur de ce qu'on va leur annoncer". "Aucun des plaignants n'a développé de pathologie liée à l'amiante, a argumenté l'avocat d'Agintis. Sans compter qu'ils entament la procédure près de sept ans après leur départ en préretraite."
Les prud'hommes rendront leur jugement le 26 avril prochain.

AGINTE fevrier 2011
 
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