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Albi justice : decision tribunal

Amiante > l'amiante et la justice

Albi. Les travailleurs de l'amiante
Devant les Prud'hommes le  lundi 7 Septembre 2009, 24 ex-salariés d'Eternit Albi vont faire valoir le préjudice économique lié à leur départ en retraite
anticipé.


Albi sera ce lundi le symbole national d'une lutte et d'un scandale. La lutte, c'est celle que mènent depuis des années, et pas uniquement en France du reste, tous ces salariés qui ont été exposés, durant leur activité professionnelle, à l'amiante. Certains en sont morts, beaucoup sont tombés malades, comme Serge Imbert, de Florentin. Entré en 1973 comme botteleur à l'usine Eternit de Terssac, il a ignoré pendant des années que " c'était du poison qu'il amenait à la maison dans ses poches ", sans parler " des wagons d'amiante qu'on déchargeait à mains nues ". Serge a été mis en préretraite en 2003. Diagnostic : " des tâches pleurales aux poumons, des épaississements comme disent les docteurs ". Ce lundi, avec 23 de ses anciens collègues de l'usine de Terssac, il demandera des comptes à Eternit. L'association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva) a saisi en effet le
conseil des Prud'hommes d'Albi pour faire valoir le préjudice économique subi par ces exsalariés, partis en préretraite. L'Addeva 81, qui a monté ces 24 dossiers depuis 2007, s'appuie sur un arrêt de la Cour d'appel de Paris en date du 18 septembre 2008. " La loi
prévoit que des salariés ayant été exposés aux fibres d'amiante peuvent bénéficier d'un départ anticipé au prorata des années d'exposition. Ils perçoivent une rémunération de 65 % du salaire brut jusqu'à l'âge requis pour bénéficier de la retraite.
Les salariés subissent donc une perte de salaire et nous demandons que l'employeur, dont la faute inexcusable a été reconnue devant les tribunaux des affaires de sécurité sociale, complète le salaire jusqu'à l'âge de la retraite ", rappelle Jean-Marie Birbes, président del'Addeva 81.
La Cour d'appel de Paris avait considéré que les 36 salariés de ZF Masson, une entreprise basée dans l'Yonne, " pouvaient réclamer des dommages et intérêts " puisqu'ayant subi " un préjudice économique direct ". Un jugement identique a été rendu en juin 2008 par le conseil des Prud'hommes de Bergerac au bénéfice de 17 salariés d'Ahlstrom. " À Albi, ce sera le premier procès concernant Eternit ", souligne Christiane Quintin, vice-présidente de l'Addeva 81. Bien sûr, elle sait bien que, comme à Bergerac, la multinationale fera appel en cas de décision défavorable. " Pour l'affaire de Sens, c'est en attente de résultat de la Cour de cassation. "
Le combat judiciaire sera long, ici aussi. L'audience de cet après-midi verra un face à face entre deux ténors du barreau parisien : Me Jean-Paul Tessonnières, avocat de l'Andeva et Me Philippe Plichon, défenseur d'Eternit. Pour les travailleurs de l'amiante, l'essentiel est ailleurs. " Ils ne veulent pas qu'Eternit gagne encore de l'argent sur leur dos. Un profond ressentiment les anime ", reconnaît
Christiane Quintin, qui parle d'une " triple injustice " : " ils sont malades ou peuvent l'être ; ils ont dû quitter leur travail ou ont été contraints de démissionner et certains, les plus jeunes, ont été privés d'une évolution de carrière encore possible ".
" Si je n'avais pas été malade, j'aurais travaillé jusqu'en 2013 ", calcule Serge Imbert. Au lieu de quoi, cet homme digne dans la douleur en est réduit à profiter de chaque jour qui passe, aux côtés de ceux qu'il aime.

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