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AZUR CHIMIE 02 2011

Amiante et anxiété

AZUR CHIMIE
Jugement des Prud'hommes Février  2011
Depuis neuf ans désormais, l'Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) mène un combat de longue haleine pour que soient indemnisés les salariés qui ont travaillé au contact de l'amiante. Mais aussi une course contre la montre. "On estime que 3000personnes meurent chaque année à cause de l'amiante. En moyenne, nous perdons un adhérent par mois", regrette Maurice Huc, le président de l'association. D'où la nécessité de se battre maintenant pour les salariés qui ont été exposés.
l'Adevimap a remporté une première victoire, avec le jugement des prud'hommes de Martigues accordant
une indemnisation totale de cinq anciens employés d'Azur Chimie Port-de-Bouc (ex-Albemarle) pour "le préjudice économique lié à leur départ à la retraite anticipée amiante, ainsi que leur préjudice d'anxiété ". En 2011, l'Adevimap compte poursuivre sur sa lancée sur le dossier du "préjudice spécifique d'anxiété". "Tous ceux qui ont travaillé sur des sites classés amiante sont dans une situation d'inquiétude permanente, surtout quand ils voient leurs collègues mourir. Les derniers mois sont terribles", confie Houssine Mehabi, l'un des cinq d'Albemarle. "Lors de nos permanences, reprend Maurice Huc, on voit même des personnes inquiètes qui ne vont pas passer les examens de contrôle de peur du résultat."
Information
Autre volonté : celle d'axer le discours sur le suivi post-professionnel des travailleurs, pour qu'ils soient informés de leurs droits. Comme, en particulier, l'obligation pour l'employeur, lorsque le salarié quitte l'entreprise, de lui délivrer un certificat d'exposition à l'amiante. "L'application du suivi post-professionnel est fortement conditionnée par cette attestation, qui permet d'obtenir la délivrance de la Sécurité sociale", précise Maurice Huc. En clair, sans ce document, les ouvriers exposés ne peuvent se faire rembourser les différents examens qu'ils auront à subir, tels des scanners ou des échographies.
Les anciens de la sous-traitance ne sont d'ailleurs pas souvent au courant du fait qu'ils doivent, eux aussi, demander ce certificat. Ils font également face à des refus. Avec le recours massif à ce type d'organisation du travail, ces dernières décennies, les cas se sont multipliés, selon Maurice Huc: "Ils forment 44% des dossiers dont nous nous occupons."

AZUR CHIMIE fevrier 2011
 
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