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Billet d'humeur
Mardi 9 décembre 2008
Doit-on changer le PS ou doit-on changer la presse. La seule donnée qui intéresse les journalistes est l’affrontement entre deux femmes, Martine Aubry et Ségolène Royale, la recherche de petites phrases, d’attitudes, de non dit, de choix entre un parti jeune représenté par R et d’un parti ringard représenté par A.
Une honte pour notre démocratie qui mérite mieux que cette presse qui depuis quelques années ballade les français en abordant plus les problèmes de forme que les problèmes de fond. La présence de Ségolène Royale à la présidentielle est l’œuvre essentiellement des médias. Peu de fond dans ses propositions, une dérive vers une gouvernance hybride en cas de victoire en nommant François Bayrou comme premier ministre, un reniement des fondamentaux de la gauche, tout sur l’image. Beaucoup de ses discours me rappellent les homélies que j’entendais quand l’on nous obligeait d’aller à la messe le dimanche matin.
N’étant pas socialiste, j’apporte sur ce parti un regard extérieure. Ce qui me semble évident est que le véritable enjeu est bien deux conceptions du parti.
Que devrait être un parti alternatif à la politique régressive menée aujourd’hui par le gouvernement
Un parti véritablement ancré à gauche et qui se décide enfin à trancher sur des questions aussi importantes que la nouvelle organisation dont l’Europe à besoin, la place du capitalisme et son contrôle dans le monde d’aujourd’hui, la répartition des richesses dans notre société, les questions sociales et la place des plus démunis , le logement, les salaires ,un minimum de respect et de dignité pour les retraités, le rôle du service public, sans démagogie en définissant bien les besoins et les moyens à mettre en place, le refus du type de société que le gouvernement actuel nous propose et qui est une véritable régression sociale, le non cumul des mandats avec plus de place aux jeunes, ……..
C’est ce que beaucoup de personnes autour de moi, de sensibilité de gauche progressiste espèrent.
A mon avis, le vote de hier au PS est bien lié à cet enjeu.
Soit choisir une femme déterminée, ayant joué (notamment dans son discours de samedi dernier au congres) les français plutôt que les socialistes, méprisante pour un parti dont elle fait parti depuis toujours et dont sa personne n’est en rien signe de renouveau
Soit choisir une femme tout aussi déterminé, qui met en avant l’ensemble des socialistes pour travailler à la réalisation d’un projet clair. Le rôle d’un parti politique est bien sur d’écouter les français, mais à un moment donné non pas de faire une synthèse mais de trancher les questions essentielles et de s’y tenir.
La solution ne serait-elle pas la création par Ségolène Royale d’un parti de centre gauche et de laisser le PS tranquille pour mener à bien , avec Martine Aubry, son adaptation à la France d’aujourd’hui ? Je suis persuadé que la grande majorité des adhérents du PS resterait au PS car leur conviction est forte et sincère.
Novembre 2008